Témoignage

Je l'ai vu devenir aidant....

Il y a encore quelques mois, il profitait de sa vie de jeune retraité. Ses projets : passer son permis moto, faire cuire des tartes flambées dans un four à bois, aménager un atelier de réparation de vieilles voitures.

Bref, c'était la belle vie.

Et puis, il y a eu cet accident "invisible", qui se passe dans le cerveau, symbolisé par ces trois lettres qui font frémir : AVC.

Celle qui partageait sa vie depuis plusieurs décennies et avec qui il prévoyait un début de retraite marqué par les voyages et les visites chez les enfants, se retrouvait, du jour au lendemain, immobilisée sur un lit d'hôpital, à demi paralysée et presque incapable de parler.

Sa vie de retraité basculait de l'autre côté, du côté de l'hôpital, de l'angoisse.

Les premiers jours, il a fait face comme il a toujours su le faire : informer les enfants, les très proches, gérer les urgences, dormir peu, être pendu au téléphone pour rassurer les uns, consoler les autres. Un pilier.

Face aux médecins et aux soignants, il a adopté une attitude constructive : écouter, noter, poser les questions les plus évidentes. Mais aussi réaliser que ses questions n'auraient pas de réponse immédiate. Apprendre la patience.

Et au fil des semaines, à mesure que l'état de sa conjointe s'améliorait pour sortir de l'état "critique", prendre conscience que ces questions n'auront vraisemblablement jamais de réponse.

Expliquer cela aux enfants inquiets. Rassurer encore les proches. Annuler les vacances prévues. Et essayer de faire taire son angoisse et son sentiment d'impuissance. Apprendre encore la patience.

Pour ce sexagénaire tourné vers l'action, difficile de ne pas se sentir inutile, de ne pas trépigner d'impatience devant les progrès, certes encourageants, mais si lents, de l'être aimé.

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